Le mode de production et de transformation biologique fait partie en France des signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine.

Encadré par une réglementation européenne depuis 1991, il a pour objectifs le respect de l’environnement et de la protection du climat,  de la biodiversité, de la santé humaine et du bien-être animal. Seuls les produits qui en sont issus peuvent porter le logo bio européen et la marque AB. Cette règlementation favorise les circuits courts de distribution et les productions locales dans les divers territoires de l’Union. La production biologique produit une grande variété de denrées alimentaires de haute qualité qui répondent à la demande des consommateurs pour des biens produits par l’utilisation de procédés qui ne nuisent pas à l’environnement, à la santé humaine, à la santé des végétaux ou à la santé et au bien-être des animaux.

Le bio s’inscrit au cœur du développement durable et de la transition alimentaire. Il constitue une importante source d’emplois et participe à la création de valeur ajoutée pour la vie économique et sociale des territoires : c’est un engagement pour les générations futures.

éfinie depuis les années 1920, l’agriculture biologique est organisée à l’échelle mondiale depuis 1972 (International Federation of Organic Agriculture Movements – IFOAM) et reconnue depuis 1999 dans le Codex Alimentarius, un programme commun de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’agriculture biologique est une des formes d’agriculture durable[4] ; l’appellation « biologique », ou son abréviation « bio », est protégée légalement et implique une certification. Plusieurs labels internationaux de reconnaissance de ce type d’agriculture ont été définis.

Depuis 1990, le marché des aliments et autres produits biologiques a augmenté rapidement, atteignant 63 milliards de dollars dans le monde en 2012[5]. Cette demande s’est accompagnée d’une augmentation de la surface des terres agricoles destinées à l’agriculture biologique, qui s’est accrue de 8,9 % par an en moyenne entre 2001 et 2011[6]. Dans le monde, plus de 37,2 millions d’hectares étaient consacrés à l’agriculture biologique à la fin de l’année 2011[7], soit 0,9 % des terres agricoles des 162 pays pris en compte dans le calcul. En 2015, l’agriculture biologique occupait 6,2 % de la superficie agricole utilisée de l’Union européenne[8]

Le mouvement de l’agriculture biologique s’est constitué en réaction à l’avènement de l’agrochimie, au milieu du XXe siècle, et surtout au développement de l’usage des engrais minéraux issus de la chimie de synthèse dès la fin de la Première Guerre mondiale[13].

L’apparition de l’agriculture biologique s’accompagne de nombreuses critiques sur l’évolution de la pratique agricole. Sont notamment critiqués[14] :

  • l’abandon d’une vision holistique (ou holiste) de la nature et de la croyance en une nature bienveillante ;
  • la conception matérialiste de l’agriculture industrielle, qui néglige l’importance de la « vitalité » des aliments produits par un sol vivant[15] ;
  • le rejet des pratiques traditionnelles et du rôle prépondérant de l’humus (notamment pour Albert Howard et Masanobu Fukuoka) ;
  • la dégradation des liens sociaux et des libertés paysannes, à la suite des restructurations du XIXe siècle et du développement des grands groupes agro-industriels (Müller) ;
  • le développement d’une vision réductionniste du monde et l’instrumentalisation de la nature aux dépens d’une relation plus spirituelle avec celle-ci, et le désenchantement qui accompagne ce rapport au monde (Steiner, Fukuoka) ;
  • l’autorité d’une science agronomique confinée au laboratoire et détachée des réalités du terrain (Howard, Fukuoka) ;
  • la prédominance des intérêts financiers et commerciaux dans la conception des exploitations agricoles et dans les développements technologiques, généralement aux dépens de la fertilité du sol (Howard, Müller, Fukuoka).

Le rejet de l’utilisation des produits de synthèse dans la production agricole et la volonté de produire des aliments de meilleure qualité sont apparus plus tardivement. Ils constituent à l’heure actuelle les critères principaux pris en compte par les labels d’agriculture

L’idéologie des précurseurs (par exemple Edward Goldsmith) est empreinte d’une certaine nostalgie du passé. Le thème du retour à la terre est souvent présent.[réf. nécessaire] L’opposition au productivisme reste présente aujourd’hui, conduisant certains acteurs à s’inquiéter du développement d’une agriculture biologique à grande échelle, animée par la logique productiviste qui était reprochée à l’agriculture conventionnelle[20].

L’opposition entre passé et modernité a toutefois ses limites. L’utilisation massive de la chimie en agriculture n’est en effet pas nouvelle cuivrearsenicplombsoufre, et les engrais de synthèse sont utilisés depuis la fin du XIXe siècle. Certains traitements sont connus depuis l’Antiquité[21],[22],[23].

L’agriculture biologique est aujourd’hui une activité économique éloignée de ces considérations, et représente pour beaucoup d’agriculteurs un moyen de mieux rentabiliser leur production et pour les consommateurs un moyen de protéger l’environnement. Elle est souvent perçue comme plus moderne et plus « jeune » que l’agriculture conventionnelle. Globalement, l’agriculture biologique est portée par une population d’agriculteurs plus jeune que l’agriculture conventionnelle, contribuant à donner une image de modernité à

Les méthodes d’agriculture biologique combinent la connaissance scientifique de l’écologie et de la technologie moderne avec les pratiques agricoles traditionnelles basées sur des processus biologiques naturels. Les méthodes d’agriculture biologique sont étudiées dans le domaine de l’agroécologie. Alors que l’agriculture conventionnelle utilise des pesticides de synthèse et des engrais de synthèse purifiés solubles dans l’eau, les agriculteurs biologiques sont limités par la réglementation à l’utilisation presque exclusive de pesticides et d’engrais naturels. Les principales méthodes de l’agriculture biologique pour améliorer la fertilité du sol et protéger les cultures comprennent la rotation des cultures, les engrais verts et de compost, la lutte biologique et la culture mécanique. Ces mesures utilisent l’environnement naturel pour améliorer la productivité agricole : des légumineuses sont plantées pour fixer l’azote dans le sol, les organismes auxiliaires sont encouragés, la rotation des cultures permet de confondre les ravageurs et de renouveler le sol, et des matériaux naturels tels que le bicarbonate de potassium[27] et le paillis sont utilisés pour contrôler les maladies et les mauvaises herbes. Des plantes plus rustiques sont générées par la culture sélective des plantes plutôt que par le génie génétique.

Plusieurs des méthodes développées pour l’agriculture biologique ont été utilisées ensuite par l’agriculture conventionnelle. Par exemple, la lutte intégrée est une stratégie qui utilise diverses méthodes biologiques de lutte contre les ravageurs, auxquelles l’agriculture conventionnelle a également parfois